L'Inde, c'est le bazar. On a beau s'y être préparé, avoir été prévenu... l'Inde reste une expérience extrême pour le corps, les sens, les repères et les certitudes. C'est un des rares pays où l'on peut encore se perdre... petite plongée dans l'univers de la différence radicale.
Quand on arrive, on est submergé de sensations et d'images frappantes. Chaos des grandes villes, porte d'entrée que beaucoup détestent. Une femme qui lève son sari et pisse, debout, entre deux routes, à une heure de grand trafic. Un chien mort sur les marches du métro. Un homme qui lave son linge dans l'eau croupie du caniveau. Le son perpétuel des klaxons mêlé à celui de la musique pop indie. Les râclements de gorge. Les estropiés. L'accent anglais improbable. Puis vient le temps du voyage... et on commence à comprendre quelques bribes d'Inde. A comprendre que le bazar ce n'est pas l'absence de règles mais la présence de règles qui nous échappent à première vue. A seconde aussi, parfois. Tout s'y mélange... Au même moment, toutes les époques se mêlent, toutes les conditions, les religions, les hommes et les bêtes... Cela fait penser au moyen-âge AVEC voitures et téléphones portables. C'est à n'y rien comprendre. Un Indien m'a dit qu'une des choses que les occidentaux apprennent en Inde, c'est à désapprendre (« to delearn »), premier pas sur la voie de la sagesse.
En attendant, je vous livre quelques tentatives de rationalisation... toute occidentale. En 8 chapitres, à venir les uns après les
autres.
1. Bringuebaler
Circuler en Inde est une expérience en soi. Les voyageurs occidentaux échangent souvent leurs récits de bus, train, voiture, comme des récits de guerre. Un a cru mourir, un autre ne jamais
arriver... Première caractéristique : les trous. Tout cahote, mais c'est normal, les routes sont trouées. Ca donne un côté sautillant au moindre déplacement qui provoque parfois un effet comique.
Seconde caractéristique : l'encombrement. C'est fou tout ce qui circule sur les routes : piétons et mendiants, vaches et chiens, charrettes à âne ou à cheval, vélos, bicycle rickshaws,
auto-rickshaws, scooters et motos, voitures, 4x4, mini bus, bus et camions. Parfois à contre sens. Toujours en très grand nombre. Troisième caractéristique : l'état des véhicules. Ils fument,
crachent, pétaradent, se cognent, s'écroulent, sont rafistolés, bref, ils n'en bringuebalent que plus. Quatrième caractéristique : le code de la route. Plutôt réduit. Bon, on roule à gauche, mais
après chacun fait comme il veut ou peut. Surtout avec beaucoup de klaxons. Comme dans beaucoup de pays, c'est le plus gros qui passe. Et en klaxonnant quoi qu'il arrive ou n'arrive pas. Tous les
pare brise portent des affiches de divinités. Certains chauffeurs de bus les bénissent avec de l'encens au départ d'un voyage.
Conséquence : tout bringuebale dans le son tapageur des klaxons et la fumée des pots d'échappement, entre deux vaches et trois mendiants.
Trafic

Rue de Delhi

Carrefour
Bicycle rickshaw

Pneus sur un vélo

Camion dans l'himalaya (alt. 4500 m)





















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