Présentation

Images Aléatoires

Bienvenue!

Photos-fred-160.jpg

Ce sont les élucubrations d'une jeune docteuse qui prend des photos bizarres et écrit des textes tout aussi étranges... 


Vous trouverez un peu de tout : des poèmes, une critique de polar, des élucubrations sur des thèmes divers (le régime, la modernité amoureuse...), des photos d'usine mais pas que, un jeu, deux nouvelles, des extraits de BD etc. etc. etc. 

Je vous laisse fouiner!

J'en profite pour souligner mon amusement car je reçois des visites sur le blog par le biais de Google avec des mots clés assez extravagants (que je vais recenser). Les derniers en date:
"lapin rituel de séduction" 
"séduction et reniflement"
"croquette de cote can"
"image rigolotte sur les biquettes"
"photo bizarre sexe dans oreille"

Mais qui peut bien chercher ça???


Derniers en date : "poésie râleuse" (tiens, ça me correspond assez bien, ça!)
"Mensonge et reniflement"

Actualités



Dernières mises en ligne :

A few things about India - I - Premier des 8 chapitres à venir sur l'Inde.

Indian poems - Revenue saine et sauve d'Inde! Quelques poèmes pour commencer

Savoie - D'autres photos en attendant les belles en N et B de mon père...

Londres - Quelques photos



J'en profite pour signaler le blog de JB à l'autre bout du monde (mais qu'allait-il faire en Nouvelle-Zélande???). On peut suivre ses aventures et ses nuits d'insomnie sur http://lendroitalenvers.blogspot.com (aussi dans la rubrique liens à droite)

  

Mardi 19 août 2008

L'Inde, c'est le bazar. On a beau s'y être préparé, avoir été prévenu... l'Inde reste une expérience extrême pour le corps, les sens, les repères et les certitudes. C'est un des rares pays où l'on peut encore se perdre... petite plongée dans l'univers de la différence radicale.

Quand on arrive, on est submergé de sensations et d'images frappantes. Chaos des grandes villes, porte d'entrée que beaucoup détestent. Une femme qui lève son sari et pisse, debout, entre deux routes, à une heure de grand trafic. Un chien mort sur les marches du métro. Un homme qui lave son linge dans l'eau croupie du caniveau. Le son perpétuel des klaxons mêlé à celui de la musique pop indie. Les râclements de gorge. Les estropiés. L'accent anglais improbable. Puis vient le temps du voyage... et on commence à comprendre quelques bribes d'Inde. A comprendre que le bazar ce n'est pas l'absence de règles mais la présence de règles qui nous échappent à première vue. A seconde aussi, parfois. Tout s'y mélange... Au même moment, toutes les époques se mêlent, toutes les conditions, les religions, les hommes et les bêtes... Cela fait penser au moyen-âge AVEC voitures et téléphones portables. C'est à n'y rien comprendre. Un Indien m'a dit qu'une des choses que les occidentaux apprennent en Inde, c'est à désapprendre (« to delearn »), premier pas sur la voie de la sagesse.

En attendant, je vous livre quelques tentatives de rationalisation... toute occidentale. En 8 chapitres, à venir les uns après les autres.


1. Bringuebaler

Circuler en Inde est une expérience en soi. Les voyageurs occidentaux échangent souvent leurs récits de bus, train, voiture, comme des récits de guerre. Un a cru mourir, un autre ne jamais arriver... Première caractéristique : les trous. Tout cahote, mais c'est normal, les routes sont trouées. Ca donne un côté sautillant au moindre déplacement qui provoque parfois un effet comique. Seconde caractéristique : l'encombrement. C'est fou tout ce qui circule sur les routes : piétons et mendiants, vaches et chiens, charrettes à âne ou à cheval, vélos, bicycle rickshaws, auto-rickshaws, scooters et motos, voitures, 4x4, mini bus, bus et camions. Parfois à contre sens. Toujours en très grand nombre. Troisième caractéristique : l'état des véhicules. Ils fument, crachent, pétaradent, se cognent, s'écroulent, sont rafistolés, bref, ils n'en bringuebalent que plus. Quatrième caractéristique : le code de la route. Plutôt réduit. Bon, on roule à gauche, mais après chacun fait comme il veut ou peut. Surtout avec beaucoup de klaxons. Comme dans beaucoup de pays, c'est le plus gros qui passe. Et en klaxonnant quoi qu'il arrive ou n'arrive pas. Tous les pare brise portent des affiches de divinités. Certains chauffeurs de bus les bénissent avec de l'encens au départ d'un voyage.

Conséquence : tout bringuebale dans le son tapageur des klaxons et la fumée des pots d'échappement, entre deux vaches et trois mendiants.




Trafic






















Rue de Delhi























Carrefour


 




















Bicycle rickshaw























Pneus sur un vélo























Camion dans l'himalaya (alt. 4500 m)





























par kler
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Mardi 19 août 2008

Me revoilà avec des mots et des images plein la tête... Quelques poèmes pour commencer, le reste suivra!



Inde

Ca dégouline
De lait dans le thé
De sucre dans le lait
De mouches dans le sucre
D’ordures sous les mouches
De fleurs sous les ordures
De dieux sous les fleurs
De bracelets sur les dieux
De couleurs sur les bracelets
De tissus sur les couleurs
De perles sur les tissus
D
e parfum sur les perles
De sueur sous les parfums
D’épices sous la sueur
De dal dans les épices
De femmes derrière les dal
D’enfants derrière les femmes
De sourires sur les enfants
De trous dans les sourires
De crasse dans les trous
De morts dans la crasse
De cendres dans les morts
De dieux dans les cendres
De thé pour les dieux
De lait dans le thé













Recette indienne

Une vache
Deux thés
Trois klaxons
Et des milliers de dieux 

Secouez sans ordre aucun
Et dégustez brûlant
Arrosé de mousson





 


 

 













Tuk Tuk

Ca cahote
Ca ballotte
Ca bringuebale
Et ça klaxonne
Tuk tuk

Ca saute
Ca se faufile
Ca cogne
Et ça klaxonne
T
uk tuk 

Ca tremble
Ca broute
Ca fume
Et ça klaxonne
Tuk tuk 

Dans le bruit infini
Des klaxons recommencés
La poussière alourdie
Des essences emmêlées
Et moi qui cahote
Ballote
Bringuebale
Avec
Dans le plus grand bazar
Le plus grand laisser aller
J’ai l’Inde à profusion
J'ai l'Inde sous mon crayon
















Indian streets

Trois pas
Dans la rue
Madaaam
Shawls?
Jewellery?
Taxi? 
Je passe
Je souris
Je bougonne
Tantôt amusée
Sitôt exaspérée
Avant un autre
Madaaam
Where are you from?
Married?
First time in India?
Q
ui résonne
M’assomme
M’amuse
Et use
Mon sourire idiot
De Blanche harassée
Yes

First time in India
First time in India

















Himalaya

Des milliards et des milliards et des milliards
De milliards
De tonnes
De cailloux
De pierres
De roches
De toutes les couleurs
En poussière
Ecroulées
Erodées
Vertigineuses
Anonymes
Dans des vallées perdues
Comme à l'aurore du monde
Comme à sa fin de cendres

 

Des milliards et des milliards et des milliards
De milliards
De tonnes
De cailloux
Dans l'espace aboli
De la roche
Devenue terre
Devenue temps
Je n'ai plus de repères
Je n'ai plus que ce corps
Endolori
Etourdi
Ahuri
Qui pense
Que tant de cailloux
Tant de cailloux
Ca n'est pas dieu possible

  

par kler
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Jeudi 24 juillet 2008
Allez, avant l'Inde, un petit tour par la Savoie et une bien mystérieuse forêt...



 











































































































































Une autre pour rire:























Et une dernière parce que j'ai pas pu m'en empêcher:






















Pourtant que la montagne est belle la la la la

par kler
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Mardi 15 juillet 2008

Londres ça ressemble à ça...













Mais c'est aussi ça:














































































































































































Oh dear!



par kler
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Dimanche 11 mai 2008


Lu dans Tristes Tropiques de C. Levi-Strauss 
: « Je préparais l’agrégation de philosophie (…). Là, j’ai commencé à apprendre que tout problème, grave ou futile, peut être liquidé par l’application d’une méthode, toujours identique, qui consiste à opposer deux vues traditionnelles de la question ; à introduire la première par des justifications de sens commun, puis à les détruire au moyen de la seconde ; enfin à les renvoyer dos à dos grâce à une troisième qui révèle le caractère également partiel des deux autres, ramenées par des artifices de vocabulaire aux aspects complémentaires d’une même réalité : forme et fond, contenant et contenu, être et paraître, continu et discontinu, essence et existence etc. Ces exercices deviennent vite verbaux, fondés sur un art du calembour qui prend la place de la réflexion. (…) De ce point de vue, l’enseignement philosophique exerçait l’intelligence en même temps qu’il desséchait l’esprit. »

 

 

 

 

 

Lu dans Bêtes et hommes de V. Despret  « Dans sa Géographie, Kant décrit l’éléphant comme ayant «une queue courte avec de longs poils raides pour nettoyer les pipes». Deux siècles et demi plus tard, une information passionne les scientifiques : des éléphants ont attaqué des villages et bloqué des routes dans l’ouest de l’Ouganda. Un fait d’autant plus étonnant que les pachydermes sont peu nombreux dans cette zone à ce moment et que la nourriture n’y manque pas. On a remarqué des faits semblables ailleurs en Afrique, au point que les observateurs évoquent désormais l’émergence d’une génération d’éléphants «adolescents délinquants», phénomène dû sans doute au délitement du lien social résultant de l’extension du braconnage et d’un programme d’élimination. On évoquera même l’existence chez les pachydermes de «syndromes post-traumatiques» entraînant, pour eux, une incapacité à gérer leur stress et leur violence. »

 

 

 

 

 

Lu sur Internet : Paris Hilton habille son chien en abeille.

 

 

 

 


 

Lu dans Testament à l’anglaise de J. Coe : « Deuxième période de production d’œufs : durant de nombreuses années, les poules de batterie étaient envoyées à l’abattage après une seule période de ponte, au bout d’environ quinze mois. Mais Dorothy estima possible de les garder pour une deuxième année de ponte. Solution : Mue forcée. Elle découvrit qu’elle pouvait abréger la période de mue des poules, durant laquelle elles ne pondent pas, en les traumatisant par de brusques changements d’éclairage et des privations d’eau et de nourriture. »

 

 

 

 

 

Lu dans un magazine : « Dans Des hommes ordinaires,  C. Browning réutilise le concept de « banalité du mal » pour expliquer les conduites du 101e bataillon de réserve de la police Allemande. Celui-ci, composé d’hommes ordinaires, pères de famille, ouvriers et membres de la petite bourgeoisie, exécuta 40000 Juifs polonais en 1942 et 1943. »

 

 

 

 

 

 

Lu sur le site Internet de Monsanto France : « Une agriculture de qualité, compétitive et durable ».

 

 

 

 


 

Lu dans Testament à l’anglaise de J. Coe : « Poulets mâles : les mâles d’une couvée n’engraissent pas et n’ont, par conséquent, pas de valeur économique pour la consommation. Il faut donc les détruire dès la naissance, si possible, mais comment procéder ?

Solution : Durant un moment, Dorothy expérimenta un moulin spécial capable de réduire en bouillie mille poulets en deux minutes. La bouillie obtenue pouvait servir de nourriture ou d’engrais. Cependant, ces moulins étaient coûteux à installer. L’asphyxie par retrait d’oxygène ou par l’usage du chloroforme ou de dioxyde de carbone était une solution possible. Mais, finalement, rien n’était plus économique que la bonne vieille méthode d’étouffement. Le plus simple était d’entasser des milliers de poulets dans des sacs fermés. Comme cela, les volatiles périssaient à la fois de suffocation et d’écrasement ».

 

 

 

 

 

 

Lu dans Auschwitz en héritage de G. Bensoussan : « Au concept Arendtien de "banalité du mal", il convient d’ajouter celui de "banalisation du mal", une banalisation qui s’élabore au terme d’un mécanisme mental à l’œuvre dans toutes les situations de crimes de masse. (…) La "banalisation du mal" est au cœur du génocide : c’est par le biais d’une technique psychique défensive très proche de celle de l’organisation du travail, que la barrière de la conscience morale est levée. Devant tout acte criminel, cette barrière tombe d’autant plus facilement - et imperceptiblement - que l’acte est parfaitement intégré dans le cadre - psychologiquement rassurant - d’un travail organisé. »

 

 

 

 

 

Entendu dans le documentaire Meurtres en série au pays de Poutine de M. Loizeau : Discours de Vladimir Poutine : « Les Tchétchènes sont des terroristes. Nous allons poursuivre les terroristes où qu’ils se trouvent et de les butter jusque dans les chiottes ».

 

 

 

 

 

Lu dans un magazine : « Laurence Rees montre que les organisateurs de la solution finale n’étaient pas des exécutants serviles. Les ordres donnés étaient souvent assez vagues et il fallait que les responsables de la mise en œuvre prissent des initiatives et fissent preuve d’engagement pour atteindre les buts fixés. (…) Il faudrait donc autre chose que de la simple soumission à un système pour aboutir à des crimes de masse. Cela nécessite aussi que les exécutants des basses besognes croient à ce qu’ils font, adhèrent à leur mission, se mobilisent activement. L’obéissance ne suffit pas, l’idéologie compte.  (…) Oui, la morale! Les «exécuteurs» de génocides – en Allemagne, au Rwanda… – n’étaient pas des psychopathes ou des hordes de sauvages assoiffés de sang, ni des exécutants aveugles. Ils agissaient en toute conscience pour ce qu’ils jugeaient être le bien. (…) Un autre mécanisme intervient dans le passage à l’acte. Plus les bourreaux se sentent étrangers aux victimes, plus est aisée leur élimination. (…) Dès lors qu’un groupe n’est plus inclus dans l’humanité commune, tout devient possible. »

 

 
 


A Elizabeth de Fontenay

par kler
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Jeudi 1 mai 2008


Je ne peux que conseiller la magnifique exposition "Abysses" au Muséum d'histore naturelle de Paris et le non moins superbe livre de Claire Nouvian, Abysses, Editions Fayard.

Abysses

 

Pieuvre de cristal

Calamar bijou

Méduse assiette

Cténophore à bidon sanglant

Vampire des abysses

Petit poulpe dépigmenté

Méduse soyeuse

Calamar cochonnet

Anguille égorgée

Dragon à ventre noir

Méduse lanterne en papier

Siphonophore feu d’artifice

Grand avaleur

Lotte de mer épineuse

Poisson ogre

Pieuvre parapluie

Plume de mer pleureuse

Calamar aux yeux globuleux

Limace à nageoires effilées

Vers d’asphalte

Poulpe à ventouses lumineuses

Et j’en oublie

 

Etranges bestioles

Qui vivent dans le noir

Le froid

Le sans fond

Le qui nous fait peur

A nous autres primates

Ils se tendent des pièges

A tour de ventouse

A chaque recoin de mer

Par mille mètres de fond

Ou plus

 

A l’heure où j’écris ce poème

Ils remontent vers la surface

Chasser

 

Dans la nature

Tout bouffe tout

 

par kler
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Dimanche 27 avril 2008


Un homme pêche le long du canal. Derrière lui, des voies ferrées. Devant lui, une casse automobile. Je n’ose imaginer le goût des poissons. L’eau est stagnante, elle tire sur le vert vaseux. Il détourne à peine la tête quand je m’arrête prendre des photos. Je laisse mon vélo et monte sur un pont, je le photographie dans son décor irréel. Il n’en a cure, les yeux perdus dans le canal. Je ne fais pas de bruit. Je ne veux pas briser son instant de paix.






























Des hommes s’approchent à vélo. Ils discutent. Ils me regardent avec amusement, étonnement, photographier l’usine qui se reflète dans le canal. Alors qu’ils me dépassent l’un d’eux dit « je suis sur la photo ? ». Je ne réponds pas, ils filent, je me fonds dans le paysage. J’éprouve une joie indécente à voler ces instants.



 





















Une famille marche et je la croise à plusieurs reprises. Deux parents, une fille. Ils ne parlent pas et longent le canal pendant plus d’une heure. Etrange lieu de promenade. Ils ne semblent pas remarquer ma présence.



Je m’amuse d’un énorme panneau « interdit de fumer » fort peu à propos, sur un grillage. D’un autre disant « il est formellement interdit de sauter de la passerelle », au dessus des voies ferrées. D’une inscription « pelouse privée » sur un pont délabré. Le monde est une source d’amusement qui dépasse l’imagination.

 























Je m’arrête à une écluse. Je bois, je jette quelques miettes de mon pain au lait aux canards. Je m’allonge sur la pierre chauffée par le soleil, cela fait longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien. Le vent bruisse dans un arbre. Je n’ai envie de rien, juste d’être là.


 
Je repars. Aux abords d’une zone habitée, je croise quelques hommes promenant leur chien. L’un d’eux ne m’inspire pas confiance. Je pédale et ne m’arrête pas.


Plus loin, deux jeunes dans une voiture. Ils téléphonent, me regardent avancer nerveusement. L’un dit « bon ben rendez-vous dans une heure alors ». Ils fument. Ils n’ont pas l’air tranquille. Trafiquants de drogue à la petite semaine ? Je file.


Sur l’autre rive, le chemin devient caillouteux, broussailleux, il longe des bâtiments désaffectés. Personne en vue. Je m’imagine découvrir un corps au bord de l’eau. J’ai lu trop de romans policiers. Personne ne sait que je suis là… ce n’est pas un roman. C’est ma vie. Je rentre tranquillement, sans découvrir de cadavre.























Voies ferrées, voitures amoncelées, stockage d’essence, chantiers, tas de bois et tas de ferraille… je reviendrai.


 

par kler
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Dimanche 27 avril 2008
Quelques nouvelles photos prises le long d'un canal par un après-midi ensoleillé (enfin!).





























































































































 































Je joins les autres à l'album "zones franches II". Et j'ajoute une photo amusante (voir "album bizarre") :









par kler
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Dimanche 27 avril 2008


Lu dans Secrets de voyage de JD Urbain
: "Le tourisme et l’ethnologie sont peut-être les avatars modernes de la profanation. D’où ce mélange détonant d’innocence retrouvée, de joie élémentaire et de culpabilité. (…) Le grand frisson du voyageur – celui du découvreur transporté dans un monde inconnu…"

  


 

Lu dans Lolita de V. Nabokov : "Nous inspectâmes la stalagmite la plus grosse du monde dans une grotte (…) Un obélisque en granit commémorant la bataille de Blue Licks, avec de vieux ossements et de la poterie indienne dans le musée d’à-côté (…) L’actuelle cabane en rondins simulant courageusement l’ancienne où naquit Lincoln (…) Un rocher, avec une plaque en mémoire de l’auteur du poème "Trees" (…) Une collection de cartes postales représentant des hôtels européens dans le musée d’une station balnéaire du Mississippi (…) Bourbon Street, dans une ville appelée la Nouvelle Orléans, dont les trottoirs, disait le guide, "offrent parfois (le "parfois" me plaisait) le spectacle pittoresque de négrillons toujours prêts (ce "toujours" me plaisait encore davantage) à faire des claquettes pour quelques pièces de monnaie" (quelle rigolade), tandis que "ses innombrables petits night-clubs intimes grouillent de visiteurs" (croustillant)."

 

  



Entendu dans la chanson Le meilleur des mondes de Tété
 : "Et maintenant il y a la guerre. Cette année ces damnés militaires m’auront tout pris, un père, des frères, une terre, des amis, mon pays. Allons ma mère, partons vers l’ouest, quittons donc ce funeste lieu, allons quelque part où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Maman n’a pas supporté les fonds de cale, ça l’a tuée. Moi je n’ai pleuré que lorsque j’ai réalisé à quel point on avait bien pu nous leurrer. A la radio, dans les journaux, ils parlaient d’un pays merveilleux, ils parlaient d’un pays merveilleux… quelque part où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes."

 


 

Lu dans Les villes tentaculaires d’E. Verhaeren :

 " Au long du vieux canal à l’infini,

Par à travers l’immensité de la misère

Des chemins noirs et des routes de pierre,

Les nuits, les jours, toujours,

Ronflent les continus battements sourds,

Dans les faubourgs,

Des fabriques et des usines symétriques. "

 



 
 

Lu sur Internet : Le taux de croissance des flux d’immigration, tous âges et toutes nationalités réunies, s’établit à 10,5 % en 2000, 13,9 % en 2001 et 12,6 % en 2002.

 

  


Vu dans un journal. Photo de G.M.B. Akash. Bangladesh. Légende : "Munna, 8 ans, fait une pause dans l’atelier où travaille aussi son père ". 
 

 

 

 

 

 

 



















Lu sur les murs du métro et dans des magazines, entendu à la radio et à la télévision
 : Club Med. Le bonheur, si je veux.

 





 
Ecrit

 Vacances en cartes

 Quand je m’donne des vacances

J’écris des cartes

Pour dire à qui veut bien

Que j’ai rien d’mieux à faire

Et que je suis là

Où ils n’iront pas

J’ai fait plein de trucs fous

Et vous, et vous, et vous ?

J’ai du sable plein les yeux

Mais je pense bien à eux

 



 

Ecrit

Dans le bus qui nous éloigne de Mexico, nous observons, fascinés, les banlieues qui s’étendent à perte de colline. Des tôles, des briques, des barbelés, des fils électriques et des déchets en tout genre sur des dizaines et des dizaines de kilomètres. Dans le plus grand désordre. Notre malaise s’amplifie au fur et à mesure que défilent les ordures éparpillées sur la moindre parcelle de terre et le chaos des baraques de fortune empilées au hasard. « Il y a deux mots que les Mexicains ne connaissent pas : c’est le silence et l’urbanisme », nous avait dit un Français, rencontré dans l’avion. Cette ville est un désastre humain et écologique. Je frissonne en imaginant les tonnes d’ordures produites chaque jour par 20 millions d’habitants, les rats et les cafards, les eaux stagnantes et polluées qui quadrillent la ville, cette eau croupie qui a déjà infecté une petite coupure sur ma main... Avant tout ce bazar, il y avait, ici, un lac et des marais. Terre des Aztèques. Depuis que Cortès a foulé ce sol, une chape d’ordures et de mauvais béton a recouvert la terre mexicaine. Moctezuma est devenu une marque de bière. J’ai le vertige. 

  




 

Lu dans Loin de Chandigarh de T.J. Tejpal : "A cette époque, Vasant Kunj était le bout du monde. Pour y accéder, il fallait quitter Dehli et traverser un paysage de brousse avant d’arriver dans une forêt cauchemardesque de blocs de ciment. Vasant Kunj était manifestement l’élucubration de quelque fonctionnaire gouvernemental atteint de mort cérébrale, visant à y entasser des familles, arranger les statistiques, et garnir le coffre-fort de gros promoteurs immobiliers. Une solide richesse intérieure était indispensable pour ne pas succomber à l’inhumanité du lieu."

 



 
 

Entendu à la radio : 2008. Le gouvernement Français lance un nouveau plan banlieues.

 





Lu dans Tristes Tropiques de C. Levi-Strauss : "Aujourd’hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud, où l’Asie tout entière prend le visage d’une zone maladive, où les bidonvilles rongent l’Afrique (…) comment la prétendue évasion du voyage pourrait-elle réussir autre chose que nous confronter aux formes les plus malheureuses de notre existence historique ? (…) Ce que d’abord vous nous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité. Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l’illusion de ce qui n’existe plus et devrait être encore, pour que nous échappions à l’accablante évidence que vingt mille ans d’histoire sont joués." 

 

 

par kler
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Samedi 19 avril 2008


Shop ping

 

Des couleurs amoncelées

Des chaussures empilées

Des tas de sacs

Des bijoux en bac

Des foulards et des chapeaux

Des robes et des bibelots

Qui m’encombrent les bras et me sortent des yeux

Pour s’en venir

Dégouliner

Sur

Ma carte bleue



A Mathilde

Mé dias

 

Ca cause de partout

Hey, minute !

Je ne sais plus

Je sais plus

Je sais

Plus

De quoi ça cause

Tout ce bruit autour de moi

Incessant, incessant, incessant

Minute !

J’ai avalé de travers

La dernière informa

Tion




Mal a dit

 

Maladie

Qui mal y pense

Mal a dit

Quand on y pense

Dire mal